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Coronavirus – Désinfection des espaces, quels impacts sur la santé et l’environnement ?

La survie du SARS-CoV-2 (COVID) dans l’environnement peut être de quelques heures à plusieurs jours, selon le type de support, l’humidité résiduelle ou encore la température. La transmission des coronavirus à partir de surfaces contaminées n’a pas été prouvée même si elle ne peut être exclue. Les opérations de désinfection à l’intérieur des bâtiments, dans les entreprises ou les écoles, comme à l’extérieur sur les voiries ou le mobilier urbain, se multiplient. Pour limiter la propagation du virus, il est conseillé d’utiliser des produits virucides suivant la norme NF EN 14476 et d’effectuer la désinfection des espaces régulièrement.
Déployées en intérieur ou en extérieur, quels sont les impacts de ces opérations de désinfection sur la santé et sur l’environnement ?

La désinfection intérieure, quels impacts sur notre santé ?

Des mesures strictes mises en place avant, pendant et après l’opération de désinfection

Les employeurs ont pour obligation légale de « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des salariés” rappelle le ministère du Travail. Les crèches et les écoles doivent également respecter de nombreuses règles sanitaires. La plupart des opérations de désinfection sont effectuées par des sociétés spécialisées en hygiène sanitaire qui sont formées et habilitées pour désinfecter efficacement ces espaces intérieurs. Pour limiter la propagation du virus, des produits virucides (norme NF EN 14476 juillet 2019) sont utilisés car ils permettent de détruire les pathogènes nuisibles éventuellement présents sur la surface traitée mais n’ont aucune action préventive. Une surface désinfectée peut être contaminée après le traitement si les règles d’hygiène ne sont pas suffisantes. Pour une efficacité optimale, les professionnels de l’hygiène sanitaire élaborent un plan de désinfection, adapté à l’espace concerné, qui déterminera la fréquence des interventions à prévoir. Des modes opératoires spécifiques sont mis en oeuvre par des opérateurs formés.

Chez SARP, spécialiste de la désinfection, tous nos techniciens hygiénistes portent des équipements de protection individuels (EPI) renforcés adaptés à la prestation et aux produits utilisés : combinaison cat 3, masque complet ABP3, gants jetables, bottes.

Un suivi en temps réel de la qualité de l’air pour prévenir les risques pour la santé

La désinfection des locaux s’effectue soit manuellement avec des chiffons ou lingettes inhibés de désinfectant, soit par pulvérisation ou nébulisation sous forme de jet ou de brouillard. L’opération doit donc être effectuée en l’absence de public et un temps d’attente conforme aux prescriptions des produits utilisés doit être respecté avant accès.

La ventilation et l’aération des lieux de travail jouent un rôle essentiel pour limiter la concentration de l’ensemble des vapeurs et composés organiques volatils (COV) dans l’air ambiant. Les évacuer des locaux permet de respecter les valeurs limites d’exposition et éviter ainsi les conséquences sur la santé des travailleurs. “En l’absence de contact direct, les effets secondaires sont très limités dès lors que les produits sont appliqués en l’absence de public » explique Jérôme Langrand, chef de service au centre anti-poison de Paris.

Entre les opérations de désinfection, il est essentiel de s’assurer du maintien d’une bonne qualité de l’air intérieur. Des solutions de suivi en temps réel existent pour contrôler les concentrations de particules fines, de composés organiques volatils, et le confinement (CO2) qui sont les indicateurs clés d’un bon renouvellement d’air.

La solution AIR Control de Veolia par exemple permet un suivi en continu de la qualité de l’air dans les bâtiments. Outre les aspects sanitaires, la bonne qualité de l’air intérieur augmente la productivité pour les salariés.

Exemple de suivi des COVt après pulvérisation de désinfectant :

qualité de l'air OFIS

Pour en savoir plus : www.ofis.veolia.com

La désinfection des espaces intérieurs est-elle risquée pour l’environnement ?

Un dosage maîtrisé et adapté pour protéger l’environnement

Chez SARP, spécialiste de l’hygiène sanitaire et environnementale, les opérateurs hygiénistes effectuant l’opération de désinfection, hors hopitaux, utilisent des produits virucides avec un niveau de concentration très faible allant de 1 à 3%, mais suffisant pour éliminer toute trace de virus sans porter atteinte à la santé des occupants. Des modes opératoires spécifiques formalisés sont appliqués et les équipes sont formées pour limiter les risques pour la santé et l’environnement. 

Il n’y a aucun déchet liquide issu des opérations de désinfection étant donné que les liquides sont appliqués, pulvérisés ou diffusés. Les vapeurs, restées en suspension dans l’air, sont évacuées grâce à l’aération des pièces et aux systèmes de ventilation. La dose de virucide, qui se retrouve ventilée vers l’extérieur, est trop faible pour avoir un quelconque effet néfaste sur la santé ou l’environnement.

Les autres déchets comme les équipements de protection individuels (EPI) à usage unique, les gants, les lingettes, les papiers absorbants, les bandeaux de lavage, sont isolés dans un sac poubelle fermé hermétiquement puis jetés dans le respect des réglementations applicables et selon le protocole national de déconfinement publiée le 3 mai 2020 pour le ministère du travail.

La désinfection extérieure, quels impacts sur notre santé ? 

Cibler la désinfection à proximité des secteurs très fréquentés

Certains pays comme la Chine et la Corée du Sud ont déjà mis en oeuvre un nettoyage et une désinfection des espaces extérieurs à base de javel et utilisent pour cela des camions de nettoyage sous pression. C’est une pratique désormais courante même si elle ne permet pas d’éliminer complètement le coronavirus a averti l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Certaines villes préfèrent donc se concentrer sur la désinfection du mobilier urbain dans les espaces les plus fréquentés pour réduire les risques de contamination. 

Le HSCP (Haut Conseil de la santé publique) recommande de continuer d’assurer le nettoyage habituel des voiries et d’assurer le nettoyage et la désinfection à une fréquence plus régulière du mobilier urbain : bancs publics, rampes, abribus, poubelles, à proximité de secteurs très fréquentés comme des centres de soins, hôpitaux, pharmacies, commerces alimentaires, transports en commun. La persistance du SARS-CoV-2 sur les surfaces du mobilier urbain est possible et étroitement dépendante des conditions climatiques (température, humidité résiduelle, UV), de présence de liquide biologique et la charge virale est décroissante au cours du temps.

La désinfection des espaces extérieurs est-elle risquée pour l’environnement ? 

Une évaluation des risques indispensable avant toute opération

Le risque environnemental d’une substance dépend de la toxicité de la substance et de l’exposition des milieux naturels à celle-ci. Pour évaluer le risque environnemental de la désinfection extérieure, il faudrait construire un scénario d’exposition quantitatif qui nécessiterait de croiser plusieurs éléments qui ne sont pas toujours connus : la quantité de produit appliquée, la connaissance détaillée de la structure des réseaux d’eaux usées et pluviales dans lesquels serait rejeté le produit et les informations sur la proximité des zones traitées avec une rivière ou un rivage marin. Si un tel traitement de la voirie était appliqué, il conviendrait de ne pas l’appliquer aux abords immédiats de ports, de rivières ou autres milieux aquatiques si le ruissellement peut se faire directement dans le milieu sans traitement préalable.

Le type de produits utilisés a également son importance : des produits répondant à la norme virucide (NF EN 14476 juillet 2019) sont à privilégier par rapport à d’autres produits comme l’hypochlorite de sodium (eau de Javel). C’est un désinfectant facile à utiliser et peu coûteux mais à éviter à cause de ses effets toxique et corrosif. De plus, l’usage régulier de l’eau de javel favorise les bactéries résistantes et la diminution de l’immunité.

Le HCSP précise qu’un risque environnemental existe, même s’il serait « faible, voire très faible », et qu’il est « difficile d’estimer les risques liés à la dispersion de sous-produits de la chloration ». Si de l’hypochlorite de sodium (eau de javel) ou un autre agent libérant du chlore actif libre à des doses non excessives et non agressives est appliqué sur les rues et passe par un réseau d’eau pluviale, il est quasiment impossible que le produit arrive en tant que substance active dans le milieu naturel pour peu que le réseau soit long. S’il passe par un réseau d’égout, il aura été neutralisé avant d’arriver à la station d’épuration. 

Que ce soit en intérieur ou en extérieur, la manipulation de produits virucides et leur diffusion nécessite l’intervention de personnes formées, sensibilisées aux risques et habilitées à effectuer une opération de désinfection. Une désinfection professionnelle, en accord avec les instances représentatives de la santé publique et respectueuse de l’environnement, doit donc se faire par des professionnels de l’hygiène sanitaire. Ils sont habilités à appliquer des modes opératoires stricts et respectant une charte environnementale adaptée à ces opérations délicates.