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Coronavirus – lingettes dans les canalisations, quelles solutions ?

Face à cette crise sanitaire sans précédent, les comportements et les modes de consommation des français évoluent et bouleversent l’utilisation des installations essentielles. L’émergence des lingettes pour désinfecter son domicile puis jetées dans les toilettes, sont des véritables problématiques de maintenance pour les exploitants des réseaux d’assainissement sans compter l’impact environnemental qu’elles engendrent.

 

Lingettes et réseaux ne font pas bon ménage

Chaque seconde, 233 lingettes sont utilisées dans les foyers français (source : http://www.graie.org/eaumelimelo/). Le plus souvent jetées dans les toilettes, elles s’accumulent et provoquent des débordements chez les particuliers et sur la voie publique, obstruent les canalisations et bouchent les ouvrages d’assainissement (postes de relèvement, filtres de stations d’épuration).

Le débordement d’eaux usées provenant des ouvrages et réseaux d’assainissement peut engendrer des risques sanitaires additionnels,  un sujet particulièrement sensible en ces temps de confinement. Cette situation peut provoquer un phénomène de fermentation et de dégagement de gaz toxiques comme du sulfure d’hydrogène par exemple.

Composées de plastique, de produits chimiques, pour un usage de quelques secondes, les lingettes sont jetées dans des incinérateurs ou dans des centres d’enfouissement avec les problèmes environnementaux que cela génère. En dépit des idées reçues, elles ne sont pas biodégradables et de nombreuses communes en ont déjà fait la coûteuse expérience.

lingettes coronavirus covid

 

Prévenir les pannes et les débordements éventuels

Pour répondre aux conséquences néfastes des lingettes jetées le plus souvent dans les toilettes, les exploitants de réseaux font intervenir dans l’urgence des sociétés pour rétablir l’écoulement dans les canalisations. Ces interventions de dernière minute ont un coût significatif : x1,5 à x2 plus élevé en fonction de la complexité d’intervention par rapport à une prestation classique. L’investissement peut être minimisé par des actions préventives et programmées en amont. Le personnel réquisitionné pour les urgences pourra donc se concentrer sur les opérations programmées et ainsi assurer la continuité des services essentiels d’eau et d’assainissement.

Des méthodes de diagnostic par caméra ou par drone sont très efficaces pour prévenir lesinnovation predire sarp débordements. Ces robots se faufilent dans les réseaux et parcourent plusieurs kilomètres pour filmer l’intérieur des canalisations et prendre des photographies. Suite à l’analyse des données collectées, un rapport met en lumière les tronçons les plus critiques du réseau où l’accumulation de matières, des fissures, cassures ou effondrement pourrait provoquer des obstructions et débordements.

Les opérations de curage de réseau sont par la suite programmées seulement sur les endroits identifiés comme critiques. Cette méthode consiste à nettoyer les canalisations à l’aide d’eau sous haute pression afin d’extraire les sables, les boues et objets encombrants. Un réseau régulièrement entretenu permet d’éviter les mesures correctives comme le débouchage en urgence et réduire les nuisances olfactives, sujet particulièrement sensible en ces temps de confinement.

 

Quelles pratiques adopter pour ses canalisations ?

Le confinement a pour conséquence la concentration de la population dans les “zones de vie” (résidences, maisons individuelles, …) et donc l’augmentation de la densité du volume d’eaux usées, la modification des concentrations, les eaux se chargent en graisse et les réseaux saturent plus rapidement. Quels comportements adopter face à ce phénomène ?

De nombreuses initiatives, vidéos de sensibilisation et bonnes pratiques mises à disposition par des médias, entreprises spécialisées ou internautes ont émergé suite à l’utilisation accrue de lingettes ces dernières semaines. Beaucoup de foyers ont pu trouver une alternative pour désinfecter leur sol, meubles et objets :

Étant confinés depuis déjà quelques semaines, les fosses septiques ou autres ouvrages d’assainissement non collectif sont plus utilisés que d’ordinaire. Pensez à vérifier la date d’entretien de cet ouvrage voire anticiper la vidange de la fosse afin d’éviter tout désagrément. L’entretien régulier d’une fosse septique est une obligation sanitaire, la fréquence d’intervention est préconisée tous les 4 ans.

Vous constatez que l’écoulement se fait difficilement ? L’entretien des canalisations passe par des réflexes simples à adopter au quotidien : ne rien jeter dans les toilettes autres que du papier toilette, enlever les cheveux coincés dans la bouche d’évacuation, éviter de déverser les huiles (elles se figent avec le froid et créent des bouchons gras), poser une grille sur le trou de l’évier, etc. L’utilisation des produits chimiques pour déboucher vos tuyaux est fortement déconseillée, en plus d’être dangereux pour la santé, ces produits sont corrosifs et peuvent attaquer les canalisations. Ces produits sont également difficiles à traiter dans les stations d’épuration. Il est conseillé de faire appel à un professionnel si les méthodes manuelles n’ont pas fonctionné (ventouse, furet, eau chaude dans les canalisations).